RÉTROSPECTIVES
Chaque mois, découvrez une rétrospective sur un·e artiste, une période, un mouvement qui a marqué l'histoire du cinéma !

Rétrospective
JEANNE MOREAU
RÉTROSPECTIVE EN 8 FILMS DU 7 AU 29 NOVEMBRE
Une actrice en liberté.
Peu d'actrices auront autant marqué l'histoire du cinéma que Jeanne Moreau. Figure majeure du cinéma moderne, elle traverse plus d'un demi-siècle de création sans jamais se laisser enfermer dans un emploi. Muse de la Nouvelle Vague, héroïne de Louis Malle, François Truffaut, Jacques Demy, Luis Buñuel, Orson Welles ou Michelangelo Antonioni, elle incarne une manière nouvelle d'être à l'écran : libre, ambiguë, insaisissable.
Son jeu rompt avec les modèles de l'après-guerre. Plus intérieure que démonstrative, Jeanne Moreau impose une présence faite de silences, de regards et de voix. Elle ne cherche jamais à séduire le spectateur ; elle l'invite à partager les contradictions de ses personnages. Amoureuse, révoltée, criminelle, rêveuse ou solitaire, elle fait de chacune de ses apparitions une exploration sensible des contradictions humaines.
Mais Jeanne Moreau est aussi une femme de cinéma au sens le plus large. Actrice, réalisatrice, scénariste, chanteuse, elle porte toute sa vie un regard passionné sur celles et ceux qui ont façonné le septième art. Avec ses documentaires consacrés aux frères Lumière ou à Lillian Gish, comme avec L'Adolescente, son unique long métrage de fiction, elle prolonge son travail d'interprète par une réflexion sur la mémoire, la transmission et la place des femmes dans l'histoire du cinéma.
Cette rétrospective propose de redécouvrir les multiples visages de Jeanne Moreau : une artiste qui n'a jamais cessé d'inventer sa liberté, devant comme derrière la caméra.
Certaines séances seront présentées par Léon Cattan, rédactrice en chef de Sorociné
Lorsqu'elle réalise L'Adolescente, puis les documentaires Lillian Gish et Lumière, Jeanne Moreau ne cherche ni à imposer une signature spectaculaire ni à reproduire le cinéma des grands auteurs qu'elle a côtoyés. Elle adopte au contraire une mise en scène discrète, attentive aux visages, aux silences et au temps qui passe.
Ses films témoignent d'un même intérêt pour la transmission. L'Adolescente saisit ce moment fragile où l'enfance bascule vers l'âge adulte, tandis que Lillian Gish et Lumière reviennent aux origines du septième art, à travers ceux qui l'ont façonné. Plus qu'un récit historique, Jeanne Moreau propose une rencontre avec des femmes, des artistes et des images qui continuent d'habiter notre imaginaire.
Cette approche révèle un trait essentiel de son rapport au cinéma : regarder avant de démontrer. Comme actrice, elle avait fait de la retenue une force de jeu ; comme réalisatrice, elle privilégie l'observation à l'effet, laissant les êtres et les souvenirs se dévoiler avec simplicité. Ses films prolongent ainsi une même conviction : le cinéma est avant tout un art de la présence, de la mémoire et de la transmission.
Rétrospective - Jeanne Moreau

Rétrospective
STUDIO GHIBLI
RÉTROSPECTIVE EN 8 FILMS DU 5 AU 27 DÉCEMBRE
Des mondes à habiter
Le Studio Ghibli est souvent associé à l'imaginaire, à la magie ou aux grandes aventures. Pourtant, derrière ses univers merveilleux se cache un cinéma profondément ancré dans le réel. Depuis sa création en 1985 par Hayao Miyazaki, Isao Takahata et Toshio Suzuki, le studio n'a cessé d'explorer les liens qui unissent les êtres à leur environnement, à leur histoire et aux autres.
Qu'il s'agisse d'une adolescente découvrant sa vocation, d'une famille de Chapardeurs vivant en secret sous le plancher d'une maison, de tanukis confrontés à l'urbanisation, d'un pilote hanté par la guerre ou d'un château capable de marcher, chaque film propose une manière singulière d'habiter le monde. Les récits fantastiques dialoguent avec le quotidien, les souvenirs d'enfance côtoient les grands bouleversements de l'Histoire, tandis que la nature, omniprésente, devient un personnage à part entière.
Si les films de Hayao Miyazaki ont largement contribué à la renommée internationale du studio, cette rétrospective invite aussi à découvrir d'autres voix essentielles : Isao Takahata, Yoshifumi Kondō, Tomomi Mochizuki, Hiromasa Yonebayashi ou Gorō Miyazaki. Ensemble, ils composent une œuvre collective où coexistent chronique intimiste, fresque historique, satire écologique, comédie familiale et récit initiatique.
À travers ces huit films, le Studio Ghibli révèle toute l'étendue de son cinéma : un art de l'animation qui émerveille autant qu'il interroge, où chaque histoire, aussi fantastique soit-elle, nous parle avant tout de notre manière de vivre, d'aimer et de transmettre.
Certaines séances seront présentées par Justin Kwedi, critique spécialiste du cinéma asiatique
Depuis sa création en 1985, le Studio Ghibli occupe une place singulière dans l'histoire du cinéma d'animation. À rebours d'une industrie souvent tournée vers le spectaculaire et la recherche de performance, Ghibli défend un cinéma profondément artisanal, où chaque plan est pensé comme un espace de contemplation autant que de récit.
Les animateurs du studio accordent une attention exceptionnelle aux gestes, aux matières et aux mouvements du quotidien. Préparer un repas, attendre un train, observer le vent dans les arbres ou le passage des nuages deviennent des instants essentiels. Ces temps suspendus, si caractéristiques des films de Ghibli, donnent aux personnages une présence rare et invitent le spectateur à partager leur rythme plutôt qu'à suivre une succession d'actions.
Cette approche repose sur une conviction simple : l'animation n'est pas un genre destiné à l'enfance, mais un langage à part entière. Le dessin, réalisé pendant longtemps presque exclusivement à la main, ne cherche pas à imiter le réel. Il permet au contraire d'en révéler les émotions, les souvenirs et les sensations les plus subtiles.
C'est sans doute là que réside la singularité du Studio Ghibli : faire de l'animation un art du regard, où le merveilleux naît autant d'un château qui marche que d'un bol de riz fumant, d'un silence partagé ou d'un paysage traversé par le vent.
Rétrospective - Studio Ghibli

Rétrospective
AGNÈS VARDA
RÉTROSPECTIVE EN 10 FILMS DU 2 AU 31 JANVIER
Rétrospective - Studio Ghibli

Rétrospective
PIER PAOLO PASOLINI
RÉTROSPECTIVE EN 8 FILMS DU 6 AU 28 FÉVRIER
